Voici un coffrage terminé, prêt à recevoir son premier demi moule en RTV. Pour la petite histoire, il s'agit d'un squelette qui sera coulé en plomb afin de me permettre un travail ultérieur en pâte Fimo.
Le silicone pour moulage, ou RTV :
Voici le conditionnement d'un kilo de RTV, il y a le gros pot de silicone et un flacon de catalyseur à mélanger dans les proportions indiquées sur le mode d'emploi (variable d'une marque ou d'un produit à l'autre).
Les RTV ont une date limite d'emploi à vérifier lors de l'achat.
Une fois ouverts, ils sont quasiment perdus (disons qu'ils vieillissent très mal, quelques mois, semaines et même jours si déjà limites avant ouverture ou suivant les conditions de stockage), alors prévoyez une grosse séance de moulages afin de tout utiliser d'un coup !
Pour évaluer sa séance de RTV (à titre indicatif ) :
1 litre d'eau = 1 Kg de densité 1 = 1 dcm3(soit un cube de 10 cm x 10 cm x 10 cm = 1000 cm3).
On peut aussi imaginer une plaque de 25 cm x 20 cm x 2 cm = 1000cm3,
Ou une feuille A4 en 21 cm x 29.7 cm x 1.6 cm = 1000cm3.
L'eau a une densité de 1 mais pas le silicone, aussi voici comment évaluer la quantité à utiliser :
Formulons l'énnoncé cité au-dessus :
Masse (poids de silicone à utiliser) = Volume (cm3) x Densité .
Donc
Masse / Densité = Volume
Silicone "blanc" donné en densité de 1.2 :
1000 g / 1.2 = 833 cm3
500 g
épaisseur
largeur
longueur
épaisseur
largeur
longueur
2 cm
20 cm
21 cm
2 cm
20 cm
10 cm
1.5 cm
20 cm
28 cm
1.5 cm
20 cm
14 cm
Silicone "rouge" donné en densité de 1.5 :
1000 g / 1.5 = 667 cm3
500 g
épaisseur
largeur
longueur
épaisseur
largeur
longueur
2 cm
15 cm
22 cm
2 cm
15 cm
11 cm
1.5 cm
15 cm
30 cm
1.5 cm
15 cm
15 cm
Pâte Fimo :
Il y a beaucoup à dire sur l'utilisation de cette pâte, et de nombreux sites en parlent, alors je me contenterai de vous dire que c'est une pâte qui durcit au four à 130° pendant une demie heure. Une température plus élevée lui fait dégager des fumées toxiques.
Pour moi, c'est la pâte du bonheur, une fois terminés les travaux en cours, c'est une technique que j'adopterai à 100% (déjà expérimenté sur du "non historique" - quel plaisir).
On distingue très bien :
Les tenons, mâles et femelles qui vont maintenir en bonne position les deux demis moules lors du tirage.
La Nourrice pour la coulée. Il n'est pas utile de la faire en "bouchon", un boudin de plastiline suffit.
Plastiline
Pâte à modeler professionnelle, son grain est très fin, ce qui permet de l'utiliser pour la sculpture proprement dite ou pour prendre une empreinte.
En sculpture, elle se lisse avec des pétroles type white spirit ou essence de thérébentine.
En prise d'empreinte, une de ses qualité est de pouvoir être chauffée au "bain marie", après quoi elle se liquéfie. Elle durcit au froid et est réutilisable.
Pour couler du plomb, il est nécessaire d'avoir une nourrice au moins aussi haute que la pièce à réaliser, afin (pense-t-on) que le poids de la colonne de plomb pousse vers tous les détails (1/3 du volume semble suffisant), mais surtout et ça c'est sûr, pour récupérer toutes les bulles de porosité qui est un phénomène lié à la libération des gaz contenus dans le métal en fusion.
La carotte (la matière qui reste dans la nourrice après la coulée peut être refondue).
Les évents, les petits triangles blanc en carte plastique, ou tout autre matériau.
Carte plastique ou plasticard :
Dans l'industrie on la nomme "polystyrène choc", muni de cette appellation, une petite recherche dans les pages jaunes, vous pourrez peut-être trouver un grossiste qui vous vendra une grande plaque de 1m x 2m (pas de noms ici). C'est assez cher, mais beaucoup moins que le format A4 que l'on trouve chez les détaillants pour maquettisme (désolé à eux, mais j'assume).
Ca se travaille, se chauffe et se colle très bien avec une colle cellulosique comme la Testors citée plus haut, ou encore mieux pour les chanceux qui ont gardé ce produit miracle désormais interdit, car dangereux pour votre santé : le trichloréthylène.
Les évents :
Lorsqu'il y a un cul de sac (une patte, une corne, une arme, etc.), la résine ou le plomb n'atteignent pas ces extrémités, car de l'air s'y retrouve emprisonné. Toute la difficulté/subtilité du moulage est en fait dans l'art de gérer l'air que l'on va emprisonner ou déplacer lors de la coulée.
La résine polyuréthanne
Parmis la grande diversité de résines (polystyrènes, époxydes, polyuréthanne, etc.) déclinées mono-composantes ou bi-composantes à parts égales ou à proportions...
Bref, celle-ci c'est de la polyuréthanne bi-composante que l'on mélange à parts égales, ce qui est bien pratique. La prise est très rapide, d'autant que le tirage est petit, aussi travaillez rapidement. On peut ralentir ce phénomène avec une résine sortant du réfrigérateur, mais c'est assez insignifiant pour les risques alimentaires que cela représente.
Respirer les vapeurs de résine est nocif.
Une fois polymérisée, cette résine est d'un joli beige et peut s'usiner facilement avec des mini-outils électriques - respirer les poussières de résine est nocif.
Enfin, on peut travailler avec de la pâte Fimo car la cuisson à 130° affecte pas cette résine.
Il faut absolument anticiper ce phénomène en plaçant de multiples "évents" (ici les petits triangles blancs). Ce sont des poches supplémentaires que l'on doit placer avant, ou inciser par la suite directement dans le moule (généralement quand on n'est pas habitué on se retrouve à faire les deux choses).
Ne pas avoir peur d'en placer sur toutes les extrémités d'une pièce susceptible d'emprisonner de l'air, comme ici les doigts, les arrêtes, les orteils, ou pour le boeuf : le museau, la queue, les oreilles, les cornes, le sommet de la panse.
L'air sera ainsi repoussé dans l'évent et laissera la résine ou le plomb prendre sa place dans les détails.
Commentaires de la photo, le moule idéal est représenté par le schémas accolé (merci à "Fouleur Mou") :
La règle de l'art, veut :
qu'un évent ait une sortie à l'air libre (numérotées "2"), par une cheminée, (mais dans le cas d'une petite figurine, mes triangles blancs suffisent),
un évent ne doit pas retourner sur une autre partie de la pièce (comme ceux qui relient les cuisses aux coudes),
un évent ne doit pas retourner vers la nourrice (là j'ai bon...),
toujours faire un évent au point haut(même niveau que la nourrice, mais sortant en dehors de celle-ci, numéroté "3"). Ceci permet à l'air de remonter lors de la coulée et de créer un léger effet de pression.
L'évent numéroté "1", n'en est pas vraiment un (car un évent doit faire sortir l'air vers une sortie) mais bien un déplacement de l'air vers un appendice que l'on enlèvera par la suite (cette technique est utilisée dans la coulée des métaux, car parfois la porosité ne peut être évitée, on la contre alors tout simplement en la déplaçant).
N'oubliez jamais que l'air du dessous remonte en créant des bulles, donc on doit éviter d'emprisonner de l'air dans la résine ou de la déplacer dans votre pièce.
C'est pourquoi, voici une autre proposition que l'on rencontre en se documentant sur le Net :
La différence vient de la nourrice qui est déplacée sur le côté afin que la résine repousse l'ensemble de l'air par les cheminées. C'est le principe de la photo du boeuf en dessous, car je coule par une patte et l'air s'échappe par les 3 autres, mais revenons au format humanoïde :
Cet exemple est intéressant et fonctionne bien seulement si la tige de coulée dispose d'une nourrice assez grande. La taille de cette nourrice doit permettre une coulée en continue, car si vous coulez par à-coups et que la tige de coulée se vide, puis que vous recouliez de nouveau pour remplir la pièce, vous aller inévitablement emprisonner une énorme bulle d'air entre les deux coulées.
Ce principe est utile si la pièce le préconise de par sa constitution, les quantité de résine et de RTV seront aussi plus importantes.
Bien réfléchir à sa pièce, deux, trois, quatre,...fois plutôt qu'une. Surtout, penser tirage, puis, moule ( le moule doit être élaboré en fonction de la coulée et pas l'inverse...important).
Conclusion :
Il y a d'autres techniques utilisées par certains corps de métiers où l'on sacrifie systématiquement le moule ou le master, par exemple :
les fondeurs de cloches ou autres bronziers, réalisent un moule économique (en sable tassé) qui ne sert qu'une seule fois.
les prothésistes dentaires créent le master en cire et le moule en divers matériaux réfractaires, le moule est préalablement chauffé et la cire fond puis s'écoule hors du moule (méthode dite de la "cire perdue"), généralement après ça le moule est quand même cassé, car on préfère éviter ici l'emploi du plan de joint, faut dire que des prothèses dentaires avec des bavures de plan de joint, ça fait un drôle de sourire.
Petite satisfaction personnelle tout de même, rapport à tous mes amis qui ne voulaient pas croire que l'on puisse s'affranchir du sacro-saint RTV.
Une ultime fois, je ne recommande pas le plâtre pour un tirage "fini" et surtout pas pour espérer faire de la série, puisque chaque démoulage en arrache un peu (c'est à cause de l'adhérence de la résine et cela malgré le graissage).
Concernant l'ébarbage du plan de joint, c'est un phénomène connu des figurinistes et contrairement à la photo, vous en aurez très peu avec un moule en RTV.
Prochaine étape : séance "d'amaigrissement médiévale" pour ce bovin.
dont voici le lien sur une page qui s'appelle : Les boeufs, dans la rubrique "Attelage".
PS : Je constate que pas mal d'entre vous "atterrissent" directement dans cette rubrique suite à une recherche "moulage" sur un Meta-chercheur (un certain G...g...l... par exemple).
Si à l'issue de cet article des doutes subsistent, ne vous privez pas d'un clic sur le menu de gauche "Me contacter".
Document : http://dioramas-et-figurines.fr
ed. 2008 - 01 mars